Brian FREEMAN : Le voyeur

Brian FREEMAN : Le voyeur
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Collection Sang d’encre. Editions des Presses de la Cité.

Brian FREEMAN : Le voyeur. Collection Sang d’encre. Editions des Presses de la Cité.

 

Alors qu’il se restaure au Grandma’s Saloon en présence de Serena, sa nouvelle compagne, et de Maggie, sa collègue à la police criminelle, l’inspecteur Jonathan Stride, Jonny pour les intimes, croit voir entrer dans l’établissement sa femme Cindy. Proche de la cinquantaine, blonde, petite, bronzée, elle ressemble à s’y méprendre à Cindy, mais ce ne peut être elle. Cindy est décédée depuis cinq ans d’un cancer. La nouvelle venue se présente ; Tish Verdure, écrivaine spécialisée dans les guides de voyage. Mais ce n’est pas pour rédiger un nouvel opuscule sur Duluth, Minnesota, qu’elle est revenue dans la petite ville mais pour écrire un livre sur un meurtre. Celui de Laura, assassinée trente ans auparavant. Tout le passé de Jonny remonte à la surface comme un retour de flamme. Laura, dix-huit ans tuée à coups de batte de base-ball, et surtout sœur aînée de Cindy. C’était le 4 juillet 1977, jour de l’Indépendance Day. Les feux d’artifice crépitaient, l’ambiance était à la joie, et pour Jonny et Cindy c’était le soir rêvé pour franchir la barrière du sexe.

Les soupçons se sont portés sur quelques-unes des dernières personnes à l’avoir vue vivante. En premier Peter Stanhorpe, un condisciple des jeunes gens qui se vantait d’obtenir les faveurs de toutes les jeunes filles qui passaient à ses côtés. D’ailleurs la batte de base-ball retrouvée auprès du cadavre lui appartenait. Il affirmait qu’il avait impressionné Laura et que celle-ci avait cédé à ses charmes. D’autant que son père était un édile influent de la cité. Aujourd’hui il gère un cabinet d’avocat et Serena, qui est détective, doit travailler pour lui. Autre suspect, Dadou, un géant Noir, un vagabond qui a disparu peu après, empruntant un train de marchandises. Finn le benêt est lui aussi soupçonné, le frère de Rikke la jeune institutrice célibataire. Tout cela Jonny l’a vécu, et lorsqu’il est entré dans la police il s’est renseigné auprès du capitaine Ray. Mais les pièces à convictions avaient disparu, soi-disant par négligence. Le retour de Tish ravive tous ces souvenirs, d’autant qu’elle prétend posséder des éléments nouveaux susceptibles d’amener à la découverte du coupable. L’une des premières révélations qui font mal à Jonny, est cette affirmation qu’elle correspondait avec Cindy avant le décès de celle-ci. S’il savait que Tish était amie avec Laura mais qu’elle était partie un mois avant le meurtre, Jonny ignorait la relation entre son ex-femme et la revenante.

Mais il faut penser aux affaires courantes, et pas uniquement au passé. Un voyeur sévit dans la région et de nombreuses plaintes ont été enregistrées. Notamment celle de Clark Biggs, qui a la garde de sa fille le week-end, sa femme l’ayant en semaine depuis leur séparation. Mary est une jolie jeune fille de seize ans, mais un incident dans sa jeunesse l’a fortement perturbée. Depuis elle a grandi physiquement mais pas mentalement. Elle se comporte comme une gamine de cinq ans. Elle est terrorisée car elle a aperçu quelqu’un la reluquant par la fenêtre, mais elle ne peut en dire plus. Le drame arrive lorsque, échappant à la surveillance de sa mère dans un parc à cause d’un hurluberlu qui se prend pour un cascadeur sur vélo, elle disparait. Elle est retrouvée morte dans les eaux stagnantes du lac.

Jouant les aller et retour entre hier et aujourd’hui, mêlant habilement deux intrigues qui sont sans rapport en apparence mais qui se rejoignent inexorablement Brian Freeman nous livre un roman haletant. Cinq cents pages sans temps mort ou presque, sans petites contradictions ou presque – des erreurs de traduction ou de fausses pistes délibérément placées par l’auteur ? - mais avec un final à double détente éblouissant et presque apocalyptique. Le lecteur est inconsciemment happé dès le début de l’histoire et cherche à son insu quelle peut être la solution, croyant la découvrir puis se rendant compte que l’auteur le mène par le bout du nez. L’épilogue n’est pas décevant, au contraire, inversement à certains romans prometteurs qui justement ne tiennent pas leurs promesses.

 

Paul Maugendre

 

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