Jean HENNEGÉ : Merci pour les fruits de mer

Jean HENNEGÉ : Merci pour les fruits de mer

Pascal Galodé éditeurs.

Jean HENNEGÉ : Merci pour les fruits de mer. Pascal Galodé éditeurs.

Ivoire, défense de rire, plus communément appelé Ivy, est un écrivain indépendant, un pigiste, spécialisé dans la rédaction d’articles destinés à des suppléments hebdomadaires féminins d’un quotidien. Produits de beauté pseudo parapharmaceutiques et autres articles supposés rajeunir les femmes d’une quinzaine d’années en dix jours, des rubriques servant de support aux placards publicitaires qui le valent bien. Ivy vit en solitaire, ou presque. Depuis trois ans un chat s’est imposé à lui, et comme l’auteur n’a guère d’imagination en dehors de la rédaction des textes pour lesquels il est appointé, il l’a appelé Il. Et Il passe la plupart de son temps sur les toits, allant et venant grâce à une ouverture de la salle de bain. Un matin, à peine éveillé, Ivy découvre avec stupeur un doigt dans son lavabo, un trophée qu’Il lui a apporté en gage de reconnaissance. Au début Ivy est déboussolé, que faire de ce morceau d’os enrobé de muscles et de peau. Un beau doigt pourtant, bien propre, l’ongle net et bien taillé, celui d’un homme, déduction aisée à cause des poils qui parsèment une phalange. Ivy le place dans un pochon puis après moult réflexions décide de se rendre au commissariat le plus proche. Il est accueilli par le lieutenant de police Danielle Battaglini qui ne peut faire autrement que prendre sa déposition et le doigt orphelin. Alors évidemment Danielle, accompagnée de son adjoint, perquisitionne chez l’auteur, réquisitionnant son ordinateur, l’outil de travail, on ne sait jamais des fois que la main serait cachée à l’intérieur, et autres bricoles dont la carte sim du téléphone portable d’Ivy. Seulement, Il ramène le lendemain le frère jumeau, ou presque, du doigt qu’Ivy s’empresse d’apporter à la policière. Le petit jeu initié par Il continue jusqu’à ce que les cinq doigts soient récupérés et que l’honneur d’Ivy soit sauf et que les soupçons qui pèsent sur lui soient dissipés. Fin du chapitre Complainte digitale. Dans le chapitre suivant intitulé Bric-à-brac, nous retrouvons quelques mois plus tard Ivy et Danielle qui vivent ensemble, une fois chez l’un une fois chez l’autre, le chat devenu Boris les suivant dans leurs pérégrinations. Une jeune fille, une Anglaise, a disparu, probablement kidnappée, et l’auteur de ce rapt a laissé en évidence dans l’appartement un tiroir avec collé dessus un papier sur lequel est écrit : Où ? Quand ? Comment ? C’est là qu’Ivy va devoir démontrer ses talents d’observateur façon Sherlock Holmes en analysant le contenu du fourbi inhérent à tout tiroir servant de dépotoir. Et ainsi de suite durant cinq chapitres qui peuvent se lire indépendamment comme des nouvelles mais qui s’articulent l’une l’autre, reprenant des épisodes antérieurs. Dans le quatrième chapitre au titre éponyme du roman, nous retrouvons Ivy en fin gourmet, en épicurien même, préparant avec amour un plat de coquillages et crustacés, qu’il va déguster en compagnie avec l’adjoint de Danielle chez celle-ci. Il va jusqu’à faire découvrir la cave que le père de celle-ci a constituée à son invité. Mais est-ce une bonne initiative ?

Le personnage créé par Jean Hennegé, qui narre à la première personne ses aventures ou mésaventures ne manque pas d’intérêt et est même franchement sympathique. Ce n’est pas ce qu’on pourrait appeler un loser ou un être exceptionnel, non tout simplement quelqu’un d’ordinaire pétri de bon sens. Il nous fait part de ses réflexions, sur tout et rien, il ratiocine, il digresse, ses pensées vagabondes tout comme les nôtres, lorsque nous passons d’un sujet à un autre sans parfois qu’il y ait un rapport pour retourner à l’idée originelle. De petits incidents parsèment son quotidien et il ne peut s’empêcher de vitupérer contre les utilisateurs de téléphone portable qui dégoisent dans la rue à un interlocuteur invisible leur intimité, gênant par là-même les passants honnêtes, et qui se demandent pourquoi ceux-ci les regardent comme s’ils étaient des bêtes fauves lâchées en liberté. Ce sont ceux qui enquiquinent le monde qui se sentent agressés. Mais ce n’est pas le seul exemple de bon sens glissé entre ces pages.

Retrouvez toutes les chroniques de Paul Maugendre sur son blog: http://mysterejazz.over-blog.com/

Paul Maugendre



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