Louis LANHER : 3 jours à tuer

Louis LANHER : 3 jours à tuer

Editions Au Diable Vauvert.

Louis LANHER : 3 jours à tuer. Editions Au Diable Vauvert.

La vocation, qui a mis longtemps à s’affirmer, de Maximillion Cooper lui est venue lorsqu’il a reçu en cadeau pour ses trois ans un camion à pédales. Dans l’appartement exigu où il habite avec sa mère, à Chaumont sur Marne, il effectue un parcours sans fin, tournant à toute vitesse sur les chapeaux de roues. Souvent il joue dans le bac à sable du parc municipal avec Grégory, un garçon joufflu de son âge qui possède une collection impressionnante de voitures miniatures que lui rapporte son oncle garagiste. Un jour Maximillion écrase tous ces petits véhicules sur une plaque d’égout pour la plus grande joie de Grégory. Puis il l’entraîne derrière un buisson et à l’aide d’un sécateur il lui coupe une phalange et tente de l’enterrer dans un trou creusé au préalable. Lorsque la mère de Grégory recherche son môme, Maximillion se comporte qu’il avait défendu son camarade contre un individu et il devient un petit héros local.

Quelques années plus tard, Grégory est devenu la coqueluche des filles et des garçons, sa mère ayant un emploi rémunérateur à Paris, qui déteint sur les relations de son fils. Maximillion, lui est petit, asthmatique, le souffre-douleur de Grégory et ses courtisans. Il en est même devenu le lèche-bottes attitré (au propre comme au figuré).

A trente ans, Maximillion est devenu un pilote de course renommé, le pilote le plus rapide de la planète selon lui, et il doit participer à l’Ultimate Race, une course qui doit le conduire de Paris jusqu’à Marrakech en trois étapes. Trois mille kilomètres de bitume à bord d’une Bugatti Veyron, modèle unique en son genre. Maximillion est sûr de sa victoire, aussi se faire dépasser par un Inuit qui, à bord d’une Corvette, conduit avec maîtrise, habillé de peaux de phoques. Vexé, Maximillion se lance dans une infernale poursuite, jusqu’à Cannes, première étape de la course. Un autre concurrent laisse pointer le museau de son bolide, Rob, un Texan qui démontre d’étonnantes facilités à s’intégrer dans ce cirque motorisé.

Par de subtils retours en arrière la vie juvénile et mouvementée de Maximillion nous est dévoilée, surtout ses rapports et sa liaison avec la belle Zoé, qui aura été la petite amie de Grégory avant de devenir la sienne.

En lisant ce roman débridé et déjanté (deux verbes de circonstances), je n’ai pu m’empêcher d’y associer des images : les fous du volant avec Satanas et Diabolo, Michel Vaillant, ou encore la course de chars entre Ben Hur et Messala.

Il est évident que dans ce genre d’histoire, les invraisemblances ne manquent pas. Elles sont même obligatoires, comme elles existaient dans les bons vieux romans feuilletons, et ce roman s’inscrit dans ce système. Des invraisemblances obligatoires disais-je, mais toutes voulues, je n’en suis pas totalement sûr. Ainsi l’auteur nous entraîne à la suite de son héros, à Etretat, qu’il place dans le Calvados. A moins que le tsunami de 2004 ait fait dévier ce petit port de pèche cher à Maurice Leblanc et Arsène Lupin à cause de son aiguille creuse, il me semble qu’Etretat est toujours en Seine-Maritime. Mais peut-être est-ce un leurre proposé par l’auteur comme tous ceux qu’il a disséminés par-ci par-là. La dernière partie se clôt sur une note plus sombre, moins délirante, moins extravagante, moins onirique, que les précédentes. Un peu dommage, mais également le retour sur terre du lecteur qui a fait un bon voyage en compagnie de ces fous du volant, dans la dualité et le vampirisme spirituel enfant-adulte, entre Grégory-Maximillion dont le vieillissement est tout autant intellectuel que physique, comme le système des vases communicants, ainsi qu’entre passé et présent.

Paul Maugendre

Citations : Il existe des métiers qu’on exerce toute une vie, sans que cela serve jamais à rien. Femme politique d’extrême gauche, astrologue, expert en communication extraterrestre ou chercheur en astrophysique au CNRS ne sont que des exemples. Ces personnes toucheront pourtant une retraite. Leur utilité sociale est nulle, ils n’ont pas modifié d’un iota notre quotidien, mais cette année encore ils emmèneront leurs enfants aux sports d’hiver grâce aux cotisations d’un comité d’entreprise.

La sécurité d’un rêve autorise toutes les audaces, mais la vraie vie fait un peu plus peur.

 

 

Retrouvez toutes les chroniques de Paul Maugendre sur son blog: http://mysterejazz.over-blog.com/

 



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