Elizabeth HAYNES : Comme ton ombre.

Elizabeth HAYNES : Comme ton ombre.
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(Into the darkest corner – 2011 ; traduction de Sylvie Schneiter). Presses de la Cité

Elizabeth HAYNES : Comme ton ombre. (Into the darkest corner – 2011 ; traduction de Sylvie Schneiter). Presses de la Cité.

Décembre 2007. Londres.

C’est plus fort qu’elle. L’inconscient de Cathy l’oblige à changer d’itinéraire en rentrant chez elle le soir, à effectuer le tour de l’immeuble où elle habite, à vérifier à plusieurs reprises, six au moins, sinon plus lorsqu’elle est perturbée par un bruit ou autre, si la porte d’entrée est bien refermée, puis celle de son appartement, contrôler si rien n’a été déplacé, avant de pouvoir souffler. Le matin, avant de se rendre à son travail, elle procède au même rituel cérémonial, jusqu’à positionner les rideaux de la fenêtre donnant sur la rue selon un code établi et immuable. Un trouble obsessionnel compulsif qui gère le quotidien de Cathy, une paranoïa dont elle est consciente mais à laquelle elle ne peut déroger. Il lui faut rester constamment sur ses gardes.

Novembre 2003. Lancaster.

Cathy est une jeune femme insouciante qui en compagnie de ses amies, Sylvia, Claire, Louise, traîne volontiers dans les clubs, passant ses soirées à danser, boire, aguicher les hommes et coucher avec si ceux-ci lui plaisent. Il est vrai que dans sa petite robe rouge, et ce qu’il y a à l’intérieur, elle attire les yeux. Notamment ceux d’un videur dans un club et qui possède un charme auquel elle ne peut résister. Ils vont se revoir souvent.

Décembre 2007. Londres.

Un nouveau voisin emménage dans l’immeuble, juste au-dessus de son appartement, et malgré ses réticences, Cathy entame la conversation. Stuart a remarqué son manège, vérifier, contrôler en permanence les verrous, serrures, joints des portes, et il lui en parle, non comme à une malade quelconque, mais à quelqu’un de stressé qu’il faut délivrer de ses névroses. Il sait s’y prendre, c’est un psychologue. Et peu à peu leurs relations ne vont plus se retreindre à celles de deux voisins, l’amitié aplanissant beaucoup de problèmes. Stuart incite Cathy à prendre rendez-vous avec un de ses collègues afin de permettre à la jeune femme de se débarrasser de ses peurs, ou tout au moins de les canaliser et de les réduire.

2004. Lancaster.

Les relations entre Lee et Cathy deviennent celles de deux amants. Mais Lee s’absente souvent car il exerce une autre profession dont il tait la teneur. L’homme aimable se montre peu à peu possessif, jaloux, voire brutal. Si Cathy se plaint auprès de ses amies, celles-ci n’ont garde de la croire et Lee sait se montrer convaincant auprès d’elles.

2008. Londres

Les consultations auprès du spécialiste et l’amitié de Stuart permettent à Cathy de se dégager peu à peu de ce traumatisme, d’en atténuer les manifestations, jusqu’au jour où elle s’aperçoit que des objets ont changé de place dans son appartement. Comme si un visiteur indélicat s’était invité chez elle à son insu.

Ecrit à la première personne, ce roman se décline comme un journal intime, ou plutôt comme deux journaux qui s’imbriquent l’un dans l’autre. Le lecteur assiste à l’évolution des rapports entre Cathy et Lee puis entre Cathy et Stuart, entre l’insouciance et la névrose, entre la recherche de la sérénité et le retour brutal d’une vie antérieure semée de coups, durs, dans un rythme qui s’accélère peu à peu. Deux tranches de vie foncièrement différentes mais qui se rejoignent dans un même sentiment, la peur. Un roman fascinant, hypnotique, écrit par une analyste criminelle, ce qui explique de temps à autre quelques longueurs, vite effacées tellement la cadence se révèle parfois infernale, surtout dans le dernier tiers de l’histoire.

Paul Maugendre

 

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