Chronique Jazz: Maelström

Chronique Jazz: Maelström
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Polars Stéphane MARCHAND : Maelström

Stéphane MARCHAND : Maelström. Editions Flammarion.

 

Si je devais résumer en quelques mots ce roman, j’écrirais machiavélique, diabolique, précis et précieux comme une montre suisse. Une Patek Philippe par exemple, pas une Rolex devenue la Swatch des bobos.

 

Accident ? A première vue cela pourrait être considéré ainsi par les secours arrivés sur place. Un homme qui vient de sauter à l’élastique du haut d’un immeuble de San Francisco est retrouvé écrasé sur la chaussée. Agent du FBI Dexter Borden a été contacté anonymement par téléphone, un appel lui ordonnant de se rendre incognito sur les lieux du drame. Il doit récupérer une clé USB cachée près du bouchon de la trappe à essence puis téléphoner à un numéro indiqué par son correspondant. Pour Dexter, il s’agit d’un taré qui l’a averti, mais expert en psychopathes il ne néglige aucune information. Harold Irving, à qui Dexter doit téléphoner, se trouve en fâcheuse position. Attaché par des menottes à un lit, il doit subir les assauts furieux de la belle Katsumi, une jeune Nippo-américaine qu’il a rencontrée dans un bar. Rencontrée n’est vraiment le terme qui convient puisque c’est elle qui l’a abordé. A sa demande Katsumi décroche le téléphone et les deux hommes peuvent enfin correspondre. Mais elle l’abandonne à son sort, sachant que son jouet sexuel sera délivré sous peu par Dexter. C’est dans ces conditions troubles, surtout pour Dexter qui est homosexuel et ne peut cacher son émotion à la vue d’Harold enchainé nu, que font connaissance le policier et l’écrivain. Irving en effet a connu quelques succès de librairie même si actuellement il est en manque d’inspiration. Sur un mur de l’appartement d’Harold une inscription attire leur attention :

 

JE SUIS VENU VOUS DIRE QUE VOUS ALLEZ MOURIR
JE SUIS SERVI, J’AI UNE QUINTE FLUSH
JE RAFLE LA PREMIERE MISE
A TOI DE JOUER, HAROLD !
ET SOUVIENS-TOI DE NE PAS M’OUBLIER…

 

Ensemble, ou parallèlement, les deux compagnons par nécessité et qu’un lien invisible réunit vont devoir retrouver la trace de ce meurtrier qui continue ses forfaits. Tout un pan de la mémoire d’Harold lui a échappé et peu à peu grâce à un thérapeute qui pratique l’hypnose, des souvenirs vont reprendre forme, échappant à son inconscient pour revenir à la surface en grosses bulles fangeuses. Des événements qui se sont déroulés vingt ans auparavant et auxquels il a participé en tant que témoin et partie prenante. Cela se déroulait dans un campus en Pennsylvanie. Et le lien qui unit peut-être Harold et Dexter réside justement en Pennsylvanie, puisque le père de l’agent du FBI était procureur dans cet état. Un autre corps est découvert, dans un hangar. Sur son dos des chiffres ont été tracés au fer rouge, tout comme les cow-boys marquent le bétail. Ils obéissent aux injonctions de celui qui se surnomme le Maestro en procédant aux autopsies dans un endroit qu’il a choisi. La légiste désignée n’est autre que Franny Chopman, qu’Harold connait bien, puisqu’ils ont partagés quelques moments d’intimités particulièrement chauds.

 

Le Maestro, qui semble jouer une partie de poker dans cet agencement meurtrier, se révèle un marionnettiste démoniaque tirant les ficelles comme bon lui agrée, le policier et l’écrivain étant suspendu à son bon vouloir. Il parsème son terrain de jeu à l’aide d’indices fourrés dans l’anus de ses victimes. Mais les deux hommes ne se laissent pas engluer et vont parvenir à force de ténacité à reprendre le contrôle de la partie. Construit avec une logique rigoureuse, ce roman est particulièrement prenant du début à la fin, avec de multiples rebondissements. Tous les personnages qui gravitent dans l’intrigue possèdent une place bien définie, même ceux qui n’apparaissent que furtivement. Tout est minutieusement calculé, à l’instar du Maestro qui ne se cesse de jouer au chat et à la souris, parfumant ses déplacements d’une fragrance d’aloès, et ne possède pour leitmotiv que cette phrase : Souviens-toi…

Paul Maugendre 

http://mysterejazz.over-blog.com/ 



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