Mercredi 10 Mars 2010
Jazz Radio, la radio de tous les Jazz
Ecouter la radio Ecouter sur Windows Média Player Ecouter sur Réal Player Ecouter sur Winamp Ecouter avec le plugin Todae

Cette semaine...

Vous devez avoir le Flash Player d'installé et Javascript autorisé pour voir le player.Obtenir le dernier flash player.

Liens publicitaires

Blog de Benoit Thuret
Grippe A ou Rhino ?
Lundi, 05 Octobre 2009 17:59

J'ai le jazz qui s'dilate, le Big Band qu'est pas droit ! Ah mon Dieu qu'c'est embêtant je ne suis pas bien portant. Alors grippe A ou Rhino ? Je crois que c'est Rhino et c'est pas la première fois. C'est la 31ème fois, la 31ème édition du Rhino Jazz Festival qui ouvre ses portes en faisant un grand courant d'air entre Saint Chamond, Saint Etienne, Lyon, Caluire... Le rhinocéros : animal sympathique et chaleureux mais qui prend de la place dans un salon et dans le paysage des festivals de jazz en Europe. Le rhinocéros est aussi la mascotte du Rhino Jazz festival depuis quelques années. Le Rhino, c'est la joie de retourner à des concerts à l'automne après un été de festivals. Un Rhino vole sur l'affiche ! Mais de qui se moque-t-on ? Pourquoi pas sur un Vélov' ! C'est tout ça le Rhino, une bonne dose de surréalisme, de poésie au coeur d'une programmation qui devrait contenter les novices, les connaisseurs les plus exigeants voire les plus pénibles. Ceux qui disent  : "c'est pas du jazz", proches cousins des "c'était mieux avant" dont nous avons plusieurs fois parlé ici. Le Rhino a même ajouté un "s" à jazz (Jazz (s)) pour bien que l'on saisisse le souci d'ouverture qui est celui de l'équipe de programmation : les Chazalon père et fils. Le Rhino sait ce qu'il veut et n'a pas toujous un caractère facile...y aurait-t-il un lien avec papa Chazalon ! Mais, ce que n'a pas le rhino, c'est la lueur de passion qui brille dans l'oeil de Jean-Paul Chazalon lorsqu'il parle de son festival, des concerts de Dee ALexander, de Stanley Cowell, de Bugge Wesseltoft, de Terronia, Minino Garay, de Vivaldi Universel (saison 5), Michel Portal & Louis Sclavis, Lyambiko, Sandra Nkaké...La fièvre monte, je suis en sueur, mes mains tremblent mais je ne tousse pas. C'est pas la grippe mais la fièvre et la ferveur d'un festival novateur, inventif, généreux : le Rhino Jazz (s) festival du 2 au 24 octobre.

 www.rhinojazz.com

 

                                       

Sandra Nkaké "Happy"

à l'affiche du Rhino le 24/10 à Sorbiers ainsi que dans le cadre des concerts Sandra Nkaké & le écoliers

 
Je me sens Nul, mais je me soigne
Mardi, 16 Juin 2009 17:43

On va encore me prendre pour le Président de l'association "C'était mieux avant" qui regroupe les bonnets tristes et les pinailleurs qui prennent leur pied à imaginer que tout ce qui se faisait à l'époque du formica et de la GS Spécial reste incomparable de qualité et de créativité. Loin de moi cette idée, mais je suis fasciné depuis peu par la rapidité avec laquelle nous avons accès à l'information, à la culture. Ou tout du moins à ce que nous pensons être la culture. Bienvenue à la génération Wikipedia, Google...qui se régale de tout savoir en quelques clics et en oublie parfois que tout n'est pas toujours vrai, complet, juste. A vous de voir et de vous faire une idée. Mais bon, ne gâchons pas non plus notre plaisir de devenir des savants du presque rien sur presque tout. Vous avez certainement vu fleurir la collection "Pour Les Nuls" qui vous propose en 368 pages de devenir incollables sur tous les sujets lors de vos dîners en ville ou devant vos enfants ou votre belle-mère qui vous a toujours pris pour une brute épaisse et inculte. Incollables sur des thèmes aussi inattendus que la Mythologie, le Christianisme, les thérapies comportementales et cognitives, la maladie d'Alzheimer, comment trouver un job, le Socialisme. C'est curieux comme ces trois derniers titres s'enchaînent avec une certaine logique ! Aujourd'hui j'ai entre les mains "L'Harmonica pour Les Nuls" qui, sur le même principe, invite les débutants et joueurs confirmés à parfaire leur technique. Cette méthode est signée Winslow Yersa, excellent musicien et pédagogue qui passe sa vie à tenter de faire comprendre au plus grand nombre l'art et la manière de faire sortir un son de cet objet bizarre, sans l'avaler. La bonne idée de l'éditeur a été de faire appel à Jean-Jacques Milteau, le meilleur harmoniciste national, pour l'adaptation française. Jean-Jacques Milteau qui ouvre en nous disant que l'harmonica est "le triomphe de la créativité sur la discipline", tout est dit dans cette phrase. On peut être vraiment mauvais et se prendre pour un génie dès lors que l'on arrive à jouer deux notes avec ce "ruine babines" comme l'appellent les pros. La méthode Pour les Nuls vous aide à choisir votre premier harmonica, à décripter la théorie, à respirer, à sortir un premier son, puis à le sculpter, à l'enrichir, à ne pas se décourager, à ne pas faire fuir sa compagne, ses voisins et son labrador et à assurer lors des prochaines réunions de famille ou au coin du feu entre deux merguez. Qui a dit que souffler n'était pas jouer.

L'Harmonica pour les Nuls. Winslow Yerxa / Jean-Jacques Milteau. First Editions 

 

                            

cours particulier de Jean-Jacques Milteau

 
Jazz à Vienne 2009 : métissages et anticrise
Jeudi, 23 Avril 2009 17:11

Le programme du prochain festival Jazz à Vienne nous promet de tenir en un mot : Métissages. Quel mot magnifique, quelle promesse et quelle actualité ! Même si le jazz n'a pas attendu que Barack Obama pousse la porte de la Maison Blanche pour donner droit au chapitre à toutes les couleurs de peau, toutes les nuances : les plus noires, les moins noires, les caramel, les blanches, les très blanches, les jaunes, les rouges, les bleues (il me semble que l'un des Schtroumpfs joue de la trompette, à vérifier). Il faut tout de même admettre que Mr.Groovy Sexy President of the United States a beaucoup fait  avancer le schmilblick (attention deuxième mot à l'orthographe impossible après Schtroumpfs). Ce matin sur LCI, Juliette Gréco avouait avoir pleuré pour l'élection d'Obama et se souvenait bien des soirs où elle arrivait au restaurant au bras de Miles Davis et que ce dernier crachait dans la main du maître d'hôtel.

 

 

                       

Miles Davis Tutu (live)

 

 

Jean-Paul Boutellier, le directeur de Jazz à Vienne, a raison de dire dans l'édito du dossier de presse du festival que 2009 semble être symbolisée par ces deux mots : métissages et crise. Hier, 100% des internautes ont répondu oui à ce sondage du site de Jazz Radio : Festivals, concerts, disques : remèdes contre la morosité ambiante ? Ouf, on l'a échappé belle et si un non s'était glissé et si la musique, les concerts, la culture ne faisaient plus rêver. Que resterait-il à la France d'en bas et du milieu, le loto et la coupe du monde de foot...Juliette moi aussi j'ai envie de pleurer d'un seul coup. Miles Davis aurait-il joué pour l 'investiture d'Obama, comment aurait-il réagi et Mingus et Nina Simone, ces artistes qui portaient en eux la rage et la colère des individus blessés, écorchés par le racisme. Jazz à Vienne va rendre hommage à Nina Simone, elle qui disait que le Jazz était  la Musique Classique du peuple Noir. Dianne Reeves, Lizz Wright et Simone (la fille de Nina) reprendront le répertoire de la pianiste/chanteuse. Youssou N'Dour, Oumou Sangaré, Hank Jones - qui retrouve Cheick Tidiane Seck & The Mandinkas après 14 ans - ouvrent le festival avec la soirée Africa. Randy Crawford (rien à voir avec Cindy, mais quel talent) et Joe Sample pour un passage par la Nouvelle Orléans d'après Katrina, le Brésil de Gilberto Gil, le Blues et la Soul de Lucky Peterson, de Jean-Jacques Milteau et Joe Louis Walker...Et il en sera de même pour toutes les scènes du festival : le Jazz Mix, le Club de Minuit, Cybèle. Après deux semaines de fête du jazz, vous aurez sûrement oublier, au moins pour un temps, l'un des deux symboles de 2009 : la crise. Je vous le promets. Et de mon côté, si je suis un jour papa d'une petite fille ou d'un petit garçon métis, elle ou il aura intérêt à être élu président(e) de la République sinon ça pourrait bien barder à la maison.

 

                        

Marcus Miller Jazz à Vienne 2001

 

www.jazzavienne.com

 
Oxmo Puccino est mon meilleur ami...en rêve
Lundi, 23 Mars 2009 17:51

Oxmo Puccino est un ami. Je l'ai appris dans la nuit de samedi à dimanche dans l'un de mes rêves de programmateur musical. Vous allez me dire que j'ai encore fait un rêve et un rêve people. C'est pas faux !On se retrouvait dans un club de jazz parisien, on buvait un whisky qui datait au moins de la dernière fois qu'un socialiste a été élu président de la République. Une éternité ! Internet n'existait pas à l'époque et les adolescents de mon âge passaient leurs mercredi après-midi sur 3615 Ulla, persuadés que les parents ne voyaient rien. Surtout quand ils ne savaient pas qu'à la même époque fut inventée la facture détaillée...Or donc, nous devisions devant un tumbler vide de glaçon (attention pas de blague) mais plein d'un parfum tourbé. Nous quittâmes quelques heures plus tard la cave voûtée pour un club de hip-hop où les Djs faisaient tourner leurs casquettes et les platines. De ces dernières raisonnait le jazz que nous venions de quitter, mais mêlé cette fois à un beat martelant et groovant du sternum à l'estomac. Nous avons poursuivi nos palabres nocturnes jusqu'à un cabaret où la chanson respirait la francophonie poétique à pleins poumons. L'ambiance était chaleureuse, confortable et je me sentais en sécurité à côté du colosse. Pas facile de se défaire de son image. Oxmo Puccino est une force de la nature et beaucoup n'ont vu en lui qu'un rappeur de plus. Oxmo Puccino est bien plus que ça. Et l'aisance qui se dégage de lui n'a rien à voir avec sa stature, Oxmo était chez lui dans tous ces lieux traversés ensemble, comme il l'est dans son écriture et dans ses interprétations. Sa musique convoque le son et le swing du jazz, l'interprétation du hip-hop et l'exigence d'écriture du meilleur de la chanson. En 2006, Oxmo Puccino publiait "Lipopette Bar" sur le label Blue Note, l'autorité inébranlable de cette bonne maison forçait les jazzmen les plus obtus à mettre un genou à terre. "L'Arme de Paix" sort ce lundi 23 mars chez Wagram (autre honorable diffuseur de talents). Les compositions et arrangements sont moins jazz, plus jazzy. Les textes sont précis, évocateurs, justes et intimes autant qu'universels. Je suis honoré d'être l'ami d'un type bien et je suis impatient de le rencontrer. 

 

                            

Oxmo Puccino "365 jours". Oxmo roule en décapotable dans la neige : le dernier chic. Ses lunettes nous rappellent quelqu'un...ce n'est pas grave...

 
Vous loungez Mademoiselle ?
Mercredi, 04 Mars 2009 18:29

"Cigarettes, whisky et p'tites pépées" (à consommer avec modération, au moins pour les deux premiers) comme auraient chanté Eddie Constantine ou écrit Peter Cheney, pourrait être le slogan de cette nouvelle compilation. Je m'y vois déjà, enfoncé dans un fauteuil club au cuir patiné au beau milieu d'un bar d'hôtel à la déco urban design (c'est à dire béton, féraille et autres matériaux chaleureux), la lumière est presque inexistante et les soucis aussi, la fumée brouille la vue (nous sommes au siècle dernier ou sur une autre planète et nous avons le droit de fumer dans les bars) la clientèle est plutôt fémine et plutôt alanguie. Et surtout, pitié, tout n'est pas peint en mauve ou en noir mat ou vernis comme dans la moitié des bars et restos branchés qui ouvrent leurs portes actuellement (pour les refermer quand ?). Que la vie est douce...mais non réveille-toi c'est la crise, le CAC 40 s'est effondré et Christine Lagarde n'as jamais eu l'air aussi désespérée. Cette dernière, qui même lorsqu'elle nous annonce la pire récession depuis le Big Bang a toujours l'air plus jouasse que son collègue Eric Woerth qui me fait à chaque fois penser au personnage de croque-morts dans Lucky Luke. Reprenons-nous, l'écoute de cette double compilation est une vraie séance de relaxation, un massage des oreilles aux huiles essentielles, une thalassothérapie des tympans. Boogalox, Mr Scruff ft. Alice Russell, Belleruche, The Bamboos ft. Megan Washington, Ayoe Angelica, Caravan Palace, que des gens bien habillés. Tout est chic, raffiné, en velours, soie et cuir souple ; les femmes portent des talons aiguilles et les hommes des baskets de couturiers car ils continuent de penser que c'est "trendy". Les ringards ! Merci mesdames de relever le niveau. Pour une fois qu'une compilation lounge ne nous donne pas l'impression d'être coincé dans un ascenseur pendant une heure trente. Pour tout vous dire, l'ascenseur n'a jamais été l'un de mes fantasmes, à cause de la musique. Jazzy Lounge / Wagram

 

                             

The Bamboos ft. Megan Washington "King of the rodeo"

 
<< Début < Précédent 1 2 3 4 Suivant > Fin >>

Page 1 sur 4