Patricia MACDONALD : Une nuit, sur la mer

Patricia MACDONALD : Une nuit, sur la mer
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Collection Spécial Suspense, éditions Albin Michel.

Patricia MACDONALD : Une nuit, sur la mer. Collection Spécial Suspense, éditions Albin Michel.

L’adage qui veut que Tel père tel fils pourrait être détourné de cette manière Telle grand-mère, telle petite fille. Le seul bémol réside en ce que Shelby ne veut pas croire que sa fille Chloé boit, enfin buvait, comme sa mère à elle. Mais si je commençais par le début. Shelby a eu Chloé très jeune ce qui ne l’a pas empêché de l’élever dans la dignité. Chloé s’est mariée avec Rob lequel avait divorcé de Lianna et de son précédent mariage était née une fille, Molly. Chloé et Rob ont eux-mêmes un garçon de quatre ans, Jeremy. Shelby a décidé d’offrir aux époux une croisière d’une semaine dans les Caraïbes, leur proposant de garder leur fils pendant leur absence. Elle est réveillée un matin par un appel téléphonique de Rob qui lui apprend que Chloé a disparu. Introuvable sur le navire malgré les recherches effectuées. Seule l’hypothèse de la noyade est retenue, un accident provoqué par la propension de Chloé d’ingurgiter au bar de nombreux verres d’alcool. Hypothèse non retenue par Shelby qui ne veut pas croire ce qu’on lui annonce. Elle se rend sur l’île de Saint-Thomas, une des composantes des îles Vierges, et bientôt elle doit se rendre à l’évidence. Les vidéos enregistrées à bord sont criantes de vérités. Elle peut voir Chloé enfiler verre sur verre, tituber à une table de jeu, être raccompagnée jusqu’à sa chambre par un couple. Après comme l’intimité des passagers est protégée, il n’existe plus d’images. Chloé a bel et bien bu le bouillon. Shelby revient à Philadelphie désemparée, d’autant que Rob persiste dans ses affirmations. Chloé buvait, et elle s’était même inscrite aux Alcooliques Anonymes. Shelby entame alors ses propres recherches, délaissant son travail, confiant Jeremy à Lianna la précédente femme de Rob qui s’est remariée avec un neurologue. Sa sœur Talia ne lui est d’aucune utilité, trop occupée à soigner leur mère qui se noie dans la vodka, et d’un caractère égocentriste. Pourtant peu à peu Shelby, pugnace, remonte une piste, même si des barrières s’élèvent devant elle. Le responsable des Alcooliques Anonymes se retranche justement derrière l’anonymat, mais Shelby ne veut pas abandonner ce qu’elle considère comme sa mission prioritaire. S’il elle cède parfois au découragement elle remonte rapidement la pente. Elle se retrouve au centre d’une sorte de toile d’araignée dont chaque point de jonction serait représenté par l’un des coupables possibles. Car tous les personnages sont plus ou moins en relation parfois sans le savoir eux-mêmes. Un tout petit indice allié à une prescience et une déduction dans le schéma du scénario lui permet de focaliser ses suspicions sur un individu mais celui-ci fuit ses responsabilités en se suicidant. Et Shelby risque peut-être sa vie à vouloir à tout prix dénicher le criminel.

Patricia MacDonald réalise avec Une nuit, sur la mer un scénario implacable admirablement maîtrisé même si au départ on pourrait croire à une histoire formatée à l’américaine. Le personnage de Shelby, sa pugnacité, son combativité, son refus d’accepter la déchéance larvée de sa fille, ses appréhensions envers les différents protagonistes qu’elle va être à même de côtoyer lors de son enquête incite le lecteur à entrer en empathie avec elle. Les sentiments ressentis par Shelby sont analysés avec finesse, sans pathos, montrant une femme énergique qui passe par des moments de faiblesse tout en sachant toujours rebondir alors qu’elle pourrait être amenée à baisser les bras. Patricia MacDonald met également l’accent sur de petits travers américains comme leur disposition à régler leurs problèmes au tribunal. Son patron « lui avait dit un jour que c’était au tribunal que les Américains pleuraient leur morts ». Elle donne aussi un petit coup de griffe au système de protection sociale, système que devait révolutionner Obama mais qui semble actuellement mis en veilleuse. « Mais un toubib qui soigne ses patients gratis… C’est un gauchiste, ma parole » rétorque par provocation un des protagonistes. Quant à l’épilogue proposé, il n’est pas tiré par les cheveux quoi que l’on ait pu penser au départ.

 

Paul Maugendre.

 

 

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