Robbie Williams : le bad boy britpop qui rêvait d’être Sinatra

Robbie Williams : le bad boy britpop qui rêvait d’être Sinatra

Derrière l’image du bad boy britpop, il y a toujours eu autre chose chez Robbie Williams : une fascination sincère pour le swing, le jazz orchestral et la grande tradition des crooners américains.

On l’a connu torse nu, provocateur, imprévisible. On l’a vu quitter Take That en claquant la porte, multiplier les excès et dominer les charts avec une pop flamboyante. Mais derrière l’image du bad boy britpop, il y a toujours eu autre chose chez Robbie Williams : une fascination sincère pour le swing, le jazz orchestral et la grande tradition des crooners américains.

Et en 2001, il décide d’assumer ce rêve.

Le grand virage : Swing When You're Winning

Quand Robbie sort Swing When You’re Winning, beaucoup pensent à une parenthèse marketing. Une fantaisie rétro. Une lubie passagère.

Erreur.

L’album est un véritable hommage aux géants du genre : Frank Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Jr.. Robbie ne pastiche pas : il s’immerge. Il s’entoure d’un big band, enregistre avec des arrangements riches en cuivres, en cordes et en rythmiques feutrées.

Et surtout, il change de posture.

Moins rockstar.
Plus showman.

Une voix taillée pour le swing ?

La surprise, c’est là.

Robbie Williams ne possède pas la technique académique d’un crooner classique, mais il a ce que le jazz exige : le phrasé, le timing, l’ironie élégante, et surtout cette capacité à raconter une histoire dans chaque ligne.

Dans le swing, il trouve un terrain naturel :

  • Une voix plus posée

  • Un grave chaleureux

  • Un sens du second degré parfaitement adapté à l’esprit Sinatra

Il ne cherche pas à imiter. Il interprète. Avec ce mélange de classe et de désinvolture très britannique.

Le fantasme Las Vegas

Ce projet révèle aussi l’un des grands fantasmes de Robbie : l’âge d’or des shows à Las Vegas.

Costume trois pièces.
Micro vintage.
Orchestre live.
Public conquis.

Robbie Williams a toujours adoré le rapport frontal au public, la théâtralité, la démesure. Le swing lui permet de devenir ce qu’il admire : un entertainer total, à la frontière du jazz, de la soul et du music-hall.

Du bad boy au crooner mélancolique

Ce virage swing n’est pas qu’un caprice esthétique. Il raconte aussi quelque chose de plus profond.

Le jazz et la soul ont toujours porté :

  • La mélancolie

  • Les fêlures

  • Les excès

  • Les renaissances

Et Robbie, avec son passé d’addictions et de montagnes russes médiatiques, incarne parfaitement cette tradition. Derrière l’arrogance et l’humour, il y a une fragilité presque blues.

C’est peut-être là que le lien est le plus fort.

Un pari gagné

Swing When You’re Winning devient un immense succès commercial. Preuve que le public était prêt à suivre Robbie ailleurs que dans la pop radio.

Ce disque confirme une chose : Robbie Williams n’a jamais été qu’un simple chanteur pop. Il est un performer obsédé par l’histoire du spectacle, un artiste nourri à la soul américaine et au swing des années 50.

Le bad boy britpop rêvait d’être Sinatra.

Et le temps d’un album, il s’en est dangereusement approché.