Jazz à travers le Monde : Azymuth, le trio brésilien à l'influence immense

Jazz à travers le Monde : Azymuth, le trio brésilien à l'influence immense

L'histoire d'Azymuth est celle d'un groupe brésilien, qui a su utiliser son identité et son ancrage local pour faire voyager sa musique à travers le monde entier !

Azymuth naît à la fin des années 60 dans une ville où tout se mélange. La samba résonne dans les favelas, la bossa nova flotte dans les appartements de Ipanema, et le funk américain commence à s'infiltrer par les ondes radio. C'est dans ce bouillon culturel que trois musiciens se trouvent.
José Roberto Bertrami aux claviers. Alex Malheiros à la basse. Ivan Conti — dit "Mamão" — à la batterie. Trois amis. Un son.
 
Dès le départ, ils refusent les étiquettes. Ils ne veulent pas faire de la samba traditionnelle. Pas du jazz pur. Pas du funk américain copié-collé. Ils veulent quelque chose qui n'existe pas encore. Alors ils l'inventent. Leur musique, c'est un groove dense et hypnotique où les rythmes brésiliens s'entrelacent avec des synthés planants, des basses profondes et une batterie qui ne s'arrête jamais vraiment de danser. On a donné plusieurs noms à ce son — samba-jazz, jazz-funk brésilien — mais aucun ne suffit vraiment. C'est du Azymuth. C'est tout.
 
Tout au long des années 70 et 80, ils sortent des albums avec une régularité et une cohérence remarquables. Chaque disque explore un peu plus loin, sans jamais perdre ce fil conducteur : cette chaleur, cette fluidité, cette façon unique de faire groover une mélodie. Ce qui les rend uniques, c'est leur enracinement.
 
Ils ne partent pas à New York chercher la consécration. Ils restent à Rio. Ils construisent leur univers depuis là, avec la ville dans les veines — sa lumière, son rythme, sa nonchalance souveraine.
Puis Internet arrive. Et une nouvelle génération de producteurs, de DJs, d'auditeurs curieux redécouvre leurs disques. Leurs grooves sont samplés, leurs mélodies ressurgissent dans des morceaux de hip-hop, de neo-soul, d'électro. Azymuth devient une référence mondiale sans avoir changé une note de son ADN. Jazz Carnival est leur morceau le plus samplé. On le retrouve notamment dans Big and Chunky de will.i.am (2008) et Devotion (Club Mix) de Ten City (1987). 
 
Azymuth prouve qu'on n'a pas besoin de traverser l'Atlantique pour toucher le monde. Il suffit parfois d'être profondément, obstinément soi-même.