Dix ans après la disparition de Maurice White, sa musique continue de rayonner comme une force intemporelle. Fondateur, visionnaire et âme spirituelle de Earth, Wind & Fire, il a laissé derrière lui une œuvre qui dépasse les modes, les genres et les générations. Parmi cette discographie monumentale, un album s’impose comme un pilier absolu : That’s the Way of the World (1975). Un disque qui incarne à lui seul la philosophie, la spiritualité et l’ambition musicale de son créateur.
Maurice White, architecte d’un son universel
Avant d’être une superstar de la funk, Maurice White était un musicien de jazz accompli, formé aux percussions et nourri par les traditions africaines, le soul, le gospel et l’ésotérisme. Avec Earth, Wind & Fire, il ne cherche pas seulement à faire danser : il veut élever, rassembler, transmettre un message d’harmonie universelle.
That’s the Way of the World est l’album où cette vision atteint son équilibre parfait. Chaque note, chaque arrangement, chaque chœur semble guidé par une même intention : relier le corps, l’esprit et l’âme.
Un manifeste musical entre funk, soul et jazz
Dès les premières mesures, l’album impose une signature sonore reconnaissable entre mille :
-
des lignes de basse groovy et élégantes,
-
des cuivres solaires,
-
des harmonies vocales célestes,
-
et cette production chaleureuse, presque spirituelle.
Le titre “Shining Star”, porté par une énergie brute et irrésistible, devient un hymne à la confiance en soi et à l’affirmation personnelle, décrochant la première place des charts américains. À l’opposé, “Reasons” révèle la facette la plus soul et introspective du groupe, sublimée par la voix bouleversante de Philip Bailey.
La chanson-titre, “That’s the Way of the World”, agit comme un mantra : une invitation à accepter la vie dans ses cycles, ses douleurs et ses beautés, fidèle à la pensée humaniste de Maurice White.
Un impact culturel et spirituel majeur
À sa sortie, l’album dépasse largement le cadre de la funk. Il influence le R&B, le jazz-funk, la neo-soul, et inspire encore aujourd’hui des artistes comme D’Angelo, Anderson .Paak, Stevie Wonder ou Robert Glasper.
Mais son héritage est aussi philosophique. Maurice White y distille des thèmes rares pour la musique populaire de l’époque : la spiritualité, la quête intérieure, l’unité des peuples. Dans un monde en crise, That’s the Way of the World propose une réponse douce mais puissante : la musique comme force de guérison collective.
Un héritage éternel
Dix ans après la mort de Maurice White, cet album résonne toujours avec la même intensité. Il n’a rien perdu de sa chaleur, de sa modernité, ni de sa sincérité. Plus qu’un simple disque, That’s the Way of the World est un héritage vivant, un rappel que la musique peut être à la fois groove, art et élévation spirituelle.
Maurice White n’est peut-être plus là, mais son message, lui, continue de briller.
Like a Shining Star.






































