Meshell Ndegeocello dévoile Synonym

Meshell Ndegeocello dévoile Synonym
Meshell Ndegeocello, 2016 / DR

Sorti le 2 octobre chez Blue Note, le troisième album de la bassiste est un disque de duos où chaque standard de la pop change de peau sans changer de sens.

Quinze titres, une vingtaine d’invités et une idée de départ assez simple : reprendre des chansons que tout le monde connaît et les confier à deux voix. Avec Synonym, Meshell Ndegeocello signe son troisième album pour Blue Note, après The Omnichord Real Book (2023) et No More Water: The Gospel of James Baldwin (2024), ce dernier couronné aux Grammy Awards 2025 dans la catégorie du meilleur album de jazz alternatif.

Le titre dit déjà le projet. Un synonyme, c’est un mot différent qui veut dire la même chose. Ici, ce sont des arrangements nouveaux pour des chansons qui, au fond, restent elles-mêmes. « Ce projet parle de classiques connus et aimés », résume la bassiste, qui a choisi des morceaux de styles et d’époques variés, avec à chaque fois un groove pensé pour eux.

Un casting qui ne laisse personne indifférent

Le disque s’ouvre sur « I Knew You Were Waiting (For Me) », le duo de George Michael et Aretha Franklin, repris avec Cynthia Erivo. Elle a été la première à dire oui au projet. Autour d’elles, on croise Chaka Khan, Cat Power, Brandi Carlile, Bill Callahan, ANOHNI, WILLOW, Lianne La Havas, Moses Sumney, Madison Cunningham ou encore Chris Thile. Robert Glasper est de la partie, comme Laura Lee, bassiste de Khruangbin, sur « Always on Time ». Emily King et Lizz Wright retrouvent Meshell sur « Be Real Black for Me ».

Autre détail qui compte : tous les duos réunissent des artistes qui s’identifient au même genre. Pour Meshell Ndegeocello, Synonym est « une expression de la libération queer, comme synonyme de libération de toutes sortes ». Elle cite Audre Lorde, qui rappelait qu’il n’existe pas de lutte à enjeu unique : les communautés se recoupent, et les chansons aussi.

Retrouvailles en studio

Pour la production, elle a fait appel à Abe Rounds, son batteur, et à David Gamson, qui avait réalisé ses deux premiers albums, Plantation Lullabies (1993) et Peace Beyond Passion (1996). Trente ans après, le même homme se retrouve donc derrière la console. Autour d’eux, une bande d’habitués : Deantoni Parks à la batterie, Chris Bruce à la guitare, Josh Johnson au saxophone, Elena Pinderhughes à la flûte, Bela Fleck au banjo. Fidèle à sa devise, « Meshell Ndegeocello is a band », elle n’avance jamais seule.

C’est son premier album de reprises depuis Ventriloquism, en 2018. Mais ceux qui connaissent la musicienne le savent : chez elle, une reprise n’a jamais ressemblé à du karaoké. Quelques semaines après sa sortie, Synonym est surtout une invitation à réécouter autrement des chansons qu’on croyait savoir par cœur.