Certains disques arrivent avec un poids qu’ils n’avaient pas en entrant en studio. « Fudge » en fait partie. Michael Kiwanuka le publie plus d’un an après un accident vasculaire cérébral qui l’a tenu éloigné de la scène, et même de chez lui.
Les faits, d’abord. Fin juillet 2025, à la fin d’une série de concerts en Europe, le chanteur tombe malade. C’est un AVC hémorragique, causé par une hypertension qu’il ne se connaissait pas. Opération en urgence, plusieurs mois en soins intensifs, puis une longue rééducation dans un centre du Hampshire, où il se trouve toujours, selon The Guardian. Ses festivals d’été et ses dates nord-américaines, notamment en première partie de Mumford & Sons, sont annulés. Il a choisi de sortir du silence fin septembre, par un message à ses fans puis par un entretien au quotidien britannique, le seul qu’il accorde pour la sortie du disque.
« Fudge », lui, était terminé avant. Les chansons datent de 2023 et ont été écrites en parallèle de celles de « Small Changes », paru en novembre 2024. Michael Kiwanuka les a enregistrées à Southampton et à Frome avec les musiciens de son groupe, dont le multi-instrumentiste Joe Connell. Pour la première fois, il se passe de Danger Mouse et d’Inflo : il produit lui-même, avant de confier les bandes à Dom Monks (Laura Marling, Big Thief) pour les finitions.
L’esprit des séances a changé aussi. Rien n’était verrouillé à l’avance. Un soir, après le dîner, le groupe retourne jouer sur des morceaux qui résistaient depuis des jours. De cette improvisation naît « Love in My Heart », sept minutes, et un déclic : Kiwanuka comprend qu’il tient un album, pas une simple parenthèse. Le titre dit la même chose. « Quand je pense à fudge, je pense à quelque chose de ludique, d’enfantin, ce qui est bon pour la créativité », explique-t-il.
Le disque s’ouvre pourtant sur une citation de Chick Corea, qui parle de la beauté et de l’indépendance de l’artiste. Un clin d’œil qui résume la méthode : « Tu dois décider de ce que tu trouves beau, et y croire. C’est ça, être un artiste. » Douze titres suivent, de « Summer Clothes » à « Swings and Roundabouts », avec « California », « Stars » et « Sing » en chemin.
Aucune date de retour sur scène n’est avancée pour l’instant. Reste cette phrase, glissée au Guardian : « Un AVC peut vous enlever beaucoup de choses, mais pas ces chansons. » Elles sortent vendredi.





































