Frank Churchill voit le jour le 20 octobre 1901 à Rumford, dans le Maine. Il fait ses armes au piano, en accompagnant des films muets dans les salles de Los Angeles. Quand le cinéma se met à parler, le métier change, et lui avec. En 1930, il entre chez Disney, à l’époque où le studio de Walt cherche quelqu’un capable de mettre de la musique sur ses dessins animés.
Trois ans plus tard, il signe « Who’s Afraid of the Big Bad Wolf? » pour Les Trois Petits Cochons. Le morceau devient un refrain populaire dans une Amérique en pleine Grande Dépression, chanté bien au-delà des salles de cinéma.
Puis vient 1937 et Blanche-Neige et les Sept Nains, premier long-métrage d’animation de l’histoire. Churchill en écrit une grande partie des chansons : « Hi-Ho », « Sifflez en travaillant », « Un jour mon prince viendra ». Quatre ans plus tard, il retrouve les studios Disney pour Dumbo, où figure « Baby Mine », la berceuse que chante la mère de l’éléphanteau à travers les barreaux de sa cage. La partition du film lui vaut l’Oscar de la meilleure musique, partagé avec Oliver Wallace. Il travaille aussi sur Bambi, mais n’en verra pas la sortie : Frank Churchill disparaît en mai 1942, à 40 ans, quelques mois avant le film.
Côté jazz, c’est « Un jour mon prince viendra » qui a fait le voyage. Une valse, une mélodie limpide, des harmonies qui laissent de la place aux musiciens : il n’en fallait pas plus. Dave Brubeck consacre un album entier au répertoire Disney en 1957, Dave Digs Disney. Bill Evans l’enregistre en trio en 1959. En 1961, Miles Davis en fait le titre d’un disque entier. Un thème écrit pour une princesse de conte de fées est devenu un standard.





































