Capture d'écran YouTube @National Endowment for the Arts
Née le 15 octobre 1922, Lorraine Gordon a consacré sa vie au jazz. Elle a d'abord travaillé pour le label Blue Note avant de reprendre les rênes du Village Vanguard à New York.
Le 15 octobre 1922 naissait Lorraine Gordon, une figure incontournable de l’histoire du jazz. Longtemps restée dans l’ombre des musiciens qu’elle soutenait, cette passionnée a pourtant joué un rôle essentiel dans la vie de deux institutions majeures : le label Blue Note Records et le mythique Village Vanguard, club new-yorkais devenu une scène incontournable du jazz mondial.
Elle découvre le jazz durant son adolescence. Très vite, cette musique devient bien plus qu’un simple loisir. Dans les années 1940, elle rencontre Alfred Lion, cofondateur de Blue Note Records, qu’elle épouse en 1942. Elle participe alors à l’aventure du label et contribue à faire connaître des musiciens qui marqueront durablement l’histoire du genre.
Parmi eux, un pianiste au style singulier retient particulièrement son attention :Thelonious Monk. Lorraine Gordon croit en son talent alors que sa musique déroute encore une partie du public. Elle le soutient avec conviction et contribue à lui offrir une place dans le paysage du jazz. Un engagement révélateur de son instinct musical et de sa volonté de défendre les artistes avant qu’ils ne soient reconnus.
Le Village Vanguard, une institution à préserver
Après son divorce avec Alfred Lion, Lorraine épouse Max Gordon, fondateur du Village Vanguard, ouvert à New York en 1935. À partir de la fin des années 1950, le club se consacre principalement au jazz et devient un lieu emblématique de la scène new-yorkaise.
Sa petite salle en sous-sol, à l’acoustique remarquable, accueille des générations de musiciens. De nombreux albums live devenus cultes y sont enregistrés, contribuant à faire du Vanguard une adresse légendaire pour les amateurs de jazz.
Lorsque Max Gordon meurt en 1989, Lorraine Gordon reprend seule les commandes du club. Elle ne le ferme qu’une journée avant de rouvrir ses portes et de poursuivre l’aventure. Pendant près de trente ans, elle veille à préserver l’identité du lieu, tout en continuant à accueillir des artistes confirmés et de nouveaux talents.
Lorraine Gordon a consacré sa vie au jazz
En 2006, Lorraine Gordon publie ses mémoires, Alive at the Village Vanguard: My Life In and Out of Jazz Time, dans lesquelles elle raconte son parcours au cœur de la musique qu’elle aime. En 2013, le National Endowment for the Arts lui décerne le titre de NEA Jazz Master pour son engagement en faveur du jazz.
Elle s’éteint le 9 juin 2018, à l’âge de 95 ans. Mais son héritage demeure bien vivant : dans les disques de Blue Note qu’elle a contribué à défendre, comme dans les notes jouées chaque soir au Village Vanguard.
Lorraine Gordon n’était pas musicienne. Elle avait pourtant compris une chose essentielle : pour que le jazz continue de vivre, il faut aussi des femmes et des hommes prêts à lui ouvrir des portes, à défendre ses artistes et à préserver les lieux où il peut s’exprimer.