Phil Collins, aurait-il aussi marqué l’histoire de la Soul et du Jazz ?

Phil Collins, aurait-il aussi marqué l’histoire de la Soul et du Jazz ?

Ce vendredi, un nouvel épisode de L'Histoire du Jazz est disponible en vidéo, et il s'intéresse à Phil Collins puisque c''est son anniversaire !

Quand on pense à Phil Collins, on pense souvent à la pop des années 80, à Genesis, aux tubes planétaires. Pourtant, derrière cette image, se cache un musicien profondément marqué par la soul américaine. Et c’est peut-être là que son influence est la plus durable.

Adolescent en Angleterre, Phil Collins grandit en écoutant la Motown : les Supremes, les Temptations, les Four Tops. Cette musique ne l’inspire pas seulement comme chanteur, mais surtout comme batteur. Le groove, la pulsation, le jeu au service de la chanson deviennent sa colonne vertébrale musicale.

On en retrouve la trace tout au long de sa carrière solo. Un titre comme One More Night repose sur une écriture émotionnelle directe, héritée de la soul : une voix fragile, des arrangements sobres, un rapport très intime au sentiment.

Mais c’est en 2010, avec l’album Going Back, que ce lien devient explicite. Cet album de reprises soul est bien plus qu’un hommage : c’est un retour aux sources assumé. Phil Collins y reprend les classiques de la Motown dans un esprit de fidélité presque artisanale. Il rejoue les grooves d’époque, adopte les tempos originaux et, surtout, revient à son instrument premier : la batterie.

Sa voix, plus usée, plus vulnérable, donne au disque une sincérité particulière. Il ne cherche jamais à imiter les voix de ses modèles américains ; il chante en admirateur, avec humilité. Going Back sonne comme un geste de transmission : rappeler au grand public d’où vient cette musique, et pourquoi elle compte encore.

Et puis il y a le jazz. Moins visible, mais bien réel. Il a écouté, étudié le jeu de Buddy Rich, de Tony Williams ou Steve Gadd, des batteurs dont il a intégré les nuances, les accents et les phrasés. Dans les années 70, on le retrouve derrières les fûts et le cymbales du groupe de jazz fusion Brand X. Plus tard, il dirigera le Phil Collins Big Band, revisitant des standards jazz et ses propres morceaux dans un langage swing et grand orchestre de jazz.

Au fond, Phil Collins n’a jamais été un artiste soul ou jazz au sens pur. Mais il a joué un rôle clé : celui d’un passeur. Un musicien qui a intégré l’âme de la soul et la rigueur du jazz dans une pop mondiale, accessible, émotionnelle.

A bientôt, pour d’autres Histoires du Jazz !