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Bobby Brown, l’éclat du groove et la chute d’un prince du R&B

Bobby Brown, l’éclat du groove et la chute d’un prince du R&B

En ce jour d’anniversaire, impossible de ne pas saluer l’empreinte laissée par ce prince du R&B, aussi flamboyant dans le groove que tourmenté dans la vie.

Il y a des artistes dont la musique danse encore longtemps après que le silence s’est installé autour d’eux. Bobby Brown est de ceux-là. En ce jour d’anniversaire, impossible de ne pas saluer l’empreinte laissée par ce prince du R&B, aussi flamboyant dans le groove que tourmenté dans la vie.

Robert Barisford Brown à Boston, dans le Massachusetts (États-Unis), Bobby Brown grandit dans un environnement où la musique est refuge et langage. Très jeune, il chante dans une chorale d’église, forgeant cette voix souple et expressive qui deviendra sa signature. À seulement 12 ans, il fonde avec des amis d’enfance le groupe New Edition, pierre angulaire du R&B adolescent des années 80.

Avec New Edition, Bobby Brown goûte très tôt au succès. Des titres comme Candy Girl, Cool It Now ou Mr. Telephone Man imposent le groupe comme une sensation nationale. Mais déjà, Brown déborde du cadre. Trop instinctif, trop libre, trop électrique. En 1986, il quitte le groupe pour se lancer en solo — un pari risqué, mais visionnaire.

La suite appartient à l’histoire. En 1988, l’album Don’t Be Cruel explose les compteurs. Bobby Brown y impose une nouvelle attitude : plus urbaine, plus physique, plus frontale. Des morceaux comme My Prerogative et Every Little Step envahissent les radios et le Billboard Hot 100, faisant de lui une superstar. L’album participe surtout à l’essor du new jack swing, cette fusion audacieuse entre R&B et hip-hop qui définira toute une génération dans les années 90.

La consécration arrive en 1990, lorsqu’il remporte un Grammy Award pour la Meilleure performance vocale R&B masculine grâce à Every Little Step. Bobby Brown n’est plus seulement un hitmaker : il est une référence, un performeur total, un corps en mouvement permanent au service du rythme.

Mais derrière les projecteurs, la trajectoire se fissure. Sa vie personnelle devient un feuilleton médiatique. Son mariage très exposé avec Whitney Houston en 1992, la naissance de leur fille Bobbi Kristina Brown, puis leur divorce en 2007 captivent autant qu’ils inquiètent. À cela s’ajoutent des problèmes récurrents de drogue et de justice, qui brouillent son image publique et fragilisent sa carrière.

Bobby Brown incarne alors cette figure tragique du R&B : un artiste trop intense pour un monde qui exige la maîtrise permanente. Sa chute n’efface pourtant jamais l’éclat. Son influence reste palpable dans l’attitude de nombreux artistes, dans cette manière d’assumer ses contradictions, de revendiquer sa liberté, coûte que coûte.

Aujourd’hui, en célébrant son anniversaire, on ne retient pas seulement les excès ni les drames. On se souvient d’un danseur incandescent, d’une voix habitée, d’un homme qui a fait du groove une déclaration d’indépendance. Bobby Brown n’a peut-être jamais cessé de tomber, mais il l’a toujours fait en rythme — et c’est aussi pour cela qu’il mérite d’être honoré.