Il y a des deuils dont on ne sait pas dire s’ils sont finis. Thomas Dutronc, lui, choisit ses mots avec soin : deux ans après la mort de Françoise Hardy, la blessure a "un peu" cicatrisé. Un peu, pas davantage.
Françoise Hardy est morte à 80 ans, et c’est son fils qui a lui-même confirmé la nouvelle. Il l’avait fait sur les réseaux sociaux, en trois mots, "Maman est partie…", accompagnés d’une photo de famille prise cinquante ans plus tôt. Neuf jours plus tard, famille et proches se retrouvaient au crématorium du Père-Lachaise pour un dernier adieu, puis direction la Corse, comme la chanteuse l’avait souhaité.
Thomas Dutronc a été là jusqu’au bout. Dans le documentaire « Ce qui nous tient debout », il est revenu sur la fin de vie de sa mère, restée un mois en réanimation, entre la vie et la mort. Il se souvient d’un moment où, malgré la sédation, elle a eu une réaction et un léger sourire. Un instant minuscule, qu’il garde comme un cadeau.
Les mots qui restent sont plus simples encore. Trois semaines avant le décès, après un concert, elle lui avait envoyé un dernier SMS : « Je t’aime plus que tout ».
La musique, elle, n’a pas attendu. Son sixième album, « Il n’est jamais trop tard », est sorti trois mois après la disparition de Françoise Hardy, qui n’a pas eu le temps de l’écouter. Thomas Dutronc a expliqué qu’il voulait avant tout terminer un beau disque pour elle. Pour un musicien biberonné au jazz manouche, la guitare reste un endroit où l’on peut continuer à parler sans avoir à tout dire.
Il n’a pas pour autant fait semblant d’aller bien. Au micro de Laurent Baffie, dans le podcast « Coloscopie », il a raconté s’être retiré environ un mois en Corse, à la période de Noël, et y avoir retrouvé un peu d’apaisement.
Deux ans après, il n’y a pas de grande conclusion. Il y a un fils qui avance, une voix qui continue de passer à la radio, et des chansons que Françoise Hardy a laissées à tout le monde. Ça ne referme rien, mais ça aide à vivre avec.





































