Michael Kiwanuka revient avec un album très personnel après son AVC

Michael Kiwanuka revient avec un album très personnel après son AVC
DR

Le chanteur britannique sort ce vendredi « Fudge », son cinquième album. Plus d’un an après un AVC qui l’a obligé à tout arrêter, il revient avec un disque qu’il a produit lui-même.

C’est un retour attendu, et pas seulement par les fans de soul. Michael Kiwanuka publie aujourd’hui « Fudge », un disque qui a failli rester dans un tiroir. Quelques semaines avant la sortie, l’artiste a expliqué pourquoi il avait disparu des radars : un accident vasculaire cérébral, provoqué par une hémorragie liée à une hypertension.

Un silence qui s’explique

Tout s’est joué à la fin de l’été 2025. Michael Kiwanuka tombe malade à l’issue d’une série de concerts en Europe. Les festivals qui lui restaient à jouer sont annulés, tout comme sa tournée nord-américaine d’octobre. Dans un message adressé à ses fans, puis dans un entretien accordé au Guardian, il raconte une rééducation longue, dont il ne connaît pas encore l’issue : il ignore quand il pourra remonter sur scène.

Il ne cache pas la gravité de ce qu’il a vécu, mais il en tire une phrase simple, presque défensive : un AVC peut enlever beaucoup de choses, dit-il en substance, mais il ne peut pas lui enlever ces chansons.

Un disque enregistré avant la tempête

« Fudge » a en effet été écrit en 2023, à peu près en même temps que « Small Changes », sorti fin 2024, puis enregistré au début de l’année 2025, dans un studio proche de chez lui, à Southampton. Autour de lui, des fidèles, dont le multi-instrumentiste Joe Connell.

C’est là que le disque devient vraiment personnel. Pour la première fois depuis son premier album, « Home Again » en 2012, Michael Kiwanuka prend lui-même la production en main, sans Danger Mouse ni Inflo. Les enregistrements ont ensuite été finalisés avec Dom Monks, qui a travaillé avec Laura Marling et Big Thief, et avec Rosie Danvers, sa complice de longue date pour les cordes. « Il faut décider de ce que l’on trouve beau, puis y croire, résume-t-il. C’est ça, être artiste. »

Une douceur qui ne s’est pas perdue

On retrouve ici ce qui fait la signature du chanteur : des rythmiques feutrées, des guitares chaudes, des basses rondes, des cordes qui viennent donner du relief à l’ensemble, et cette voix posée qui tient le tout. Le disque s’inscrit dans le prolongement direct de « Small Changes », avec une envie de jeu en plus, que laisse deviner son univers visuel acidulé.

Le premier extrait, « Summer Clothes », en donne le ton. Le morceau s’appuie sur une phrase du regretté pianiste de jazz Chick Corea, qui disait qu’il faut apprendre à être sûr de ce que l’on aime, et non de ce que l’on croit plaire aux autres. Le clip, réalisé par Yout, s’inspire des tailleurs de Southampton et de la beauté discrète des gens qui créent dans le quotidien.

Douze titres composent l’album, de « California » à « Stars », en passant par « Swings and Roundabouts ». Le retour sur scène n’est pas pour tout de suite. Le disque, lui, est là.