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Quand Phil Collins rendait hommage à la soul avec Going Back

Quand Phil Collins rendait hommage à la soul avec Going Back

Le 30 janvier, Phil Collins fête ses 75 ans. Un anniversaire symbolique pour l’un des musiciens les plus populaires de la musique britannique, dont la carrière a traversé les décennies, les styles et les générations.

Le 30 janvier, Phil Collins fête ses 75 ans. Un anniversaire symbolique pour l’un des musiciens les plus populaires de la musique britannique, dont la carrière a traversé les décennies, les styles et les générations. Si son nom reste indissociable de Genesis et de tubes pop-rock planétaires, l’artiste a aussi signé un disque à part, profondément personnel : Going Back (2010), un album-hommage à la soul et au son Motown qui ont façonné son oreille et sa sensibilité musicale.

Un retour aux racines noires de la musique

Avec Going Back, Phil Collins opère un véritable voyage dans le temps. Loin des productions sophistiquées des années 80, il se replonge dans les morceaux qui l’ont marqué adolescent, lorsqu’il écoutait avec fascination les artistes du label Tamla Motown. Marvin Gaye, The Supremes, The Temptations, Stevie Wonder ou encore Martha and the Vandellas composent la colonne vertébrale de cet album de reprises.

Ici, pas de modernisation forcée ni de relectures audacieuses : Collins choisit la fidélité. Les arrangements respectent l’esprit originel, les cuivres claquent, les chœurs répondent à la voix principale, et la rythmique reste ancrée dans cette soul organique, dansante et chaleureuse, héritière du rhythm and blues.

Un album de passion plus que de démonstration

Going Back n’est pas un disque conçu pour impressionner. C’est un album de fan, presque de collectionneur. Phil Collins ne cherche pas à s’approprier ces chansons, mais à les célébrer. Il va jusqu’à s’entourer de musiciens ayant réellement travaillé pour la Motown à l’époque, renforçant encore l’authenticité du projet.

Sa voix, plus grave et marquée par les années, divise. Certains y voient une limite, d’autres une sincérité touchante. Elle n’a plus la souplesse de ses débuts, mais elle porte une émotion brute, celle d’un artiste qui chante les morceaux qui ont fait naître sa vocation.

Entre soul et esprit jazz

Même si l’album est majoritairement estampillé soul, l’esprit jazz n’est jamais très loin. Dans la façon de laisser respirer les arrangements, dans la place donnée aux musiciens, dans le groove avant la performance. Going Back rappelle une chose essentielle : avant d’être une star mondiale, Phil Collins est un batteur, un amoureux du rythme et du jeu collectif.

Ce disque agit ainsi comme un trait d’union entre la musique populaire et ses racines afro-américaines, entre la pop blanche britannique et la soul noire américaine, souvent sous-estimée dans l’histoire racontée au grand public.

Un héritage assumé à 75 ans

À 75 ans, Phil Collins peut se permettre ce regard en arrière sans nostalgie excessive. Going Back n’est pas un chant du cygne, mais une lettre d’amour. Un album imparfait, parfois critiqué, mais profondément honnête. Il rappelle que derrière les tubes mondiaux se cache un adolescent fasciné par les voix, les grooves et l’âme de la soul.

En ce jour anniversaire, Going Back résonne comme ce qu’il a toujours été : un hommage sincère, humble et passionné à une musique qui a tout déclenché.