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Fats Domino, le Big Beat éternel de La Nouvelle-Orléans

Fats Domino, le Big Beat éternel de La Nouvelle-Orléans

Hier, c’était Mardi Gras, fête emblématique à la Nouvelle-Orléans, célébrée par des défilés colorés, costumes et musique. Berceau du jazz, la ville a vu naître des musiciens qui ont marqué l’histoire du genre, parmi lesquels Fats Domino, pianiste au swing inimitable devenu l’un des visages les plus populaires du rhythm and blues et du rock’n’roll.

le 26 février 1928 à La Nouvelle-Orléans, Antoine "Fats" Domino grandit dans le Lower Ninth Ward, au cœur d’une culture créole où la musique accompagne chaque fête. Formé au piano par son beau-frère Harrison Verrett, il développe très tôt un jeu basé sur le boogie-woogie et les triolets. À la fin des années 1940, il écume les clubs locaux avant de signer chez Imperial Records. Son premier succès, "The Fat Man" en 1950, pose les bases de ce que l’on appellera bientôt le rock’n’roll.

Sa collaboration avec le producteur et trompettiste Dave Bartholomew s’avère décisive. Ensemble, ils enchaînent les titres qui traversent les classements R&B et pop : "Goin’ Home", "Ain’t That a Shame", "I’m Walkin" ou encore "Blue Monday". En 1956, sa reprise de "Blueberry Hill" devient un tube mondial et son morceau signature. Son piano percussif, son phrasé détendu et ce fameux "Big Beat" façonnent un son immédiatement identifiable.

Artiste majeur du crossover, Fats Domino fait tomber les barrières raciales dans une Amérique encore ségréguée. Il influence durablement Elvis Presley, The Beatles ou encore Chuck Berry, qui reconnaîtront sa dette musicale. Paul McCartney lui rendra hommage , notamment avec "Lady Madonna", inspirée de son style pianistique et de sa voix: "C’était moi assis au piano, essayant d’écrire un truc blues, boogie-woogie. Cela me faisait penser à Fats Domino, alors j’ai commencé à chanter en imitant sa voix [...] C’était une grande inspiration pour moi et pour tant d’autres. Son style musical unique a résonné à travers le monde". Sur scène, son sourire et sa décontraction contrastent avec l’énergie irrésistible de ses rythmiques.

Attaché à sa ville natale, il choisit de rester à La Nouvelle-Orléans malgré les tournées et les succès internationaux. Après le passage de l’ouragan Katrina en 2005, il enregistre "Alive and Kickin’" pour soutenir les musiciens locaux. Intronisé au Rock and Roll Hall of Fame en 1986, Fats Domino s’éteint le 24 octobre 2017. Il laisse une œuvre populaire et fédératrice, indissociable de l’âme musicale de La Nouvelle-Orléans.