« Violetta », une biguine moderne portée par l’héritage des Antilles
Avec « Violetta », Jacques Schwarz-Bart revient à l’essence même de son identité musicale. Pensé comme une biguine lumineuse et dansante, le morceau s’inscrit dans la tradition des grands orchestres créoles antillais tout en conservant la signature harmonique singulière du compositeur.
Cette nouvelle composition rend hommage à Violetta Chaville, figure emblématique de la Guadeloupe et présidente de l’Association des Cuisinières de Guadeloupe. Pendant plusieurs décennies, elle a incarné la transmission de la culture créole à travers la gastronomie, les costumes madras, le carnaval ou encore la musique traditionnelle. Une personnalité devenue symbole de résistance culturelle et de dignité féminine dans une société encore marquée par de fortes inégalités.
Mais derrière ce morceau festif se cache aussi une histoire intime. Après avoir exploré de nombreux territoires musicaux — jazz contemporain, jazz latin, jazz gnaoua, gwoka jazz ou encore jazz vaudou — Jacques Schwarz-Bart réalise que la musique qui touche le plus profondément sa mère reste la biguine traditionnelle. Une évidence artistique et émotionnelle qui devient alors le point de départ de « Violetta ».
Entre Guadeloupe, New York et La Nouvelle-Orléans, un dialogue entre jazz et mémoire
Avec Resistance, dont la sortie est prévue le 28 août 2026 chez Quai Son Records, Jacques Schwarz-Bart poursuit un travail musical autour des racines afro-caribéennes et de la transmission culturelle.
Le morceau « Violetta » puise directement dans l’héritage laissé par les grandes figures historiques de la biguine comme Alexandre Stellio et Al Lirvat. Une manière pour le saxophoniste de reconnecter le jazz contemporain à ses origines caribéennes.
Souvent présentée comme l’une des matrices du jazz, la biguine occupait une place centrale dans les musiques créoles jouées en Louisiane et dans les Caraïbes avant même l’émergence du jazz à La Nouvelle-Orléans. C’est précisément cette filiation historique que le trio réunit sur ce disque cherche à remettre en lumière.
Autour de Jacques Schwarz-Bart, deux musiciens incarnent cette rencontre des cultures : Arnaud Dolmen, batteur et chanteur né en Guadeloupe, et Reggie Washington, contrebassiste new-yorkais ayant collaboré avec Steve Coleman, Branford Marsalis ou Cassandra Wilson. Ensemble, ils construisent un pont musical entre les Antilles et les États-Unis, entre mémoire créole et langage jazz contemporain.





































