Histoire du Jazz : Stevie Ray Vaughan, étoile filante du blues au destin tragique

Histoire du Jazz : Stevie Ray Vaughan, étoile filante du blues au destin tragique

Au début des années 80, un véritable génie va venir bousculer l'ordre établi pour remettre le blues sur le devant de la scène, avant de disparaître tragiquement.

Au début des années 80, le blues n’est franchement plus à la mode. Les synthétiseurs envahissent les radios, MTV impose une nouvelle esthétique… Et puis arrive un Texan avec un chapeau, des bottes, une vieille Fender Stratocaster complètement usée et un son capable de réveiller les morts.

Il s’appelle Stevie Ray Vaughan. Né à Dallas en 1954, Stevie commence la guitare en suivant son grand frère Jimmie Vaughan, futur membre des Fabulous Thunderbirds. Il dévore Albert King, B.B. King, Freddie King, Buddy Guy, mais aussi Jimi Hendrix. Tout cela va se retrouver dans son jeu : la puissance du blues texan, le feu d’Hendrix, des bends immenses, un vibrato immédiatement reconnaissable et une attaque des cordes d’une incroyable intensité.

Le déclic arrive en 1982. Stevie joue au Festival de Montreux avec son groupe Double Trouble. Dans la salle, David Bowie est impressionné et lui propose de jouer sur son prochain album : Let’s Dance. Écoutez China Girl : cette guitare, c’est Stevie Ray Vaughan. Bowie lui propose ensuite de l’accompagner en tournée. Stevie refuse finalement : il veut défendre sa propre musique. Et il a raison.

En 1983 paraît Texas Flood. Pride and Joy, Love Struck Baby, Texas Flood… À une époque dominée par la pop et les synthétiseurs, Stevie Ray Vaughan remet brutalement le blues électrique au premier plan. Mais derrière le guitar hero, il y a un homme qui se détruit. Alcool, cocaïne, médicaments… En 1986, son corps finit par lâcher. Il entre en cure de désintoxication et réussit à devenir sobre.

Commence alors une véritable renaissance. En 1989, il enregistre In Step, l’un de ses meilleurs albums. Stevie semble enfin avoir gagné son combat. Le 26 août 1990, il donne un concert dans le Wisconsin aux côtés notamment d’Eric Clapton, Buddy Guy, Robert Cray et de son frère Jimmie. Après le spectacle, Stevie monte dans un hélicoptère pour rejoindre Chicago.

Dans le brouillard, l’appareil s’écrase quelques minutes après son décollage. Stevie Ray Vaughan meurt à seulement 35 ans. La cruauté de son histoire, c’est qu’il n’était plus en train de sombrer. Il venait justement de se sauver. En quelques années seulement, Stevie Ray Vaughan aura réussi quelque chose d’immense : remettre le blues au cœur des années 80 et donner envie à toute une génération de redécouvrir ses maîtres.

Et aujourd’hui encore, quelques notes suffisent pour le reconnaître. Parce que chez Stevie Ray Vaughan, la guitare ne servait jamais seulement à montrer ce qu’il savait faire. Elle criait, elle pleurait, elle cognait. Elle racontait sa vie. À bientôt, pour d’autres Histoires du Jazz !