Les labels et les mangers peuvent avoir une influence considérable sur le déroulement de la carrière d'un artiste, d'un point de vue positif comme négatif. Notamment au niveau de la direction artistique, en décidant ce qui est bon d'être publié ou pas, de faire de tel morceau un single, et l'artiste peut rapidement se retrouver "prisonnier" de cette grande machinerie. James Brown l'a bien compris, et c'est pour cela qu'il a décidé de se passer de l'avis de son label pour publier "Live at the Apollo", qui deviendra un de ses plus grands succès.
Car son label de l'époque, King Records, ainsi que son manager, lui avaient fortement déconseillé de sortir cet album, enregistré aux frais de James Brown lors de son concert à l'Apollo Theater d'Harlem en octobre 1962. Selon eux, c'était une mauvaise idée vouée à l'échec commercial. Mais le "Godfather Of Soul" était sûr de la qualité de ce qu'il allait proposer, lui qui prenait clairement une dimension supplémentaire lorsqu'il se produisait en live. Et le résultat est au rendez-vous.
Car lorsque "Live at the Apollo" sort, en mai 1963, il est un des premiers albums live à être structuré comme un véritable concert en continu, avec les bruits de la foule intégrés comme éléments musicaux, ce qui restitue d'une manière nouvelle l'ambiance qu'on peut trouver en concert. Cette manière de faire deviendra d'ailleurs une référence pour plein d'autres artistes, dans le rock, le funk, la soul.
On y retrouve donc l'énergie folle de James Brown sur scène, la manière dont il joue avec la foule, qu'il interpelle à quelques reprises. Résultat, le public et ses réactions font partie intégrante de l'album, qui vous permet de revivre le moment presque comme si vous y étiez. Le 6 juillet 1963, quelques semaines après sa sortie, "Live at the Apollo" s'est hissé à la deuxième place du Billboard 200, et il restera dans le classement pendant 66 semaines. Ce qui veut dire que pendant 66 semaines, les gens ont acheté cet album dans sa version physique, en nombre suffisant pour qu'il reste dans le classement.
Très vite, cet album fera passer un cap supplémentaire à James Brown et sa musique. "Mr Dynamite" accèdera à une renommée internationale, et ce disque sera, des années plus tard, classé parmi les plus grands albums de tous les temps par le célèbre magazine Rolling Stone. Voici la preuve que, lorsque vous êtes artistes, vous devez d'abord vous écouter vous-mêmes, bien avant de chercher l'approbation de l'industrie.





































