Johnny Mathis, 91 ans : la douceur comme signature

Johnny Mathis, 91 ans : la douceur comme signature
Johnny Mathis, 160 / DR

Le 30 septembre 1935, à Gilmer, au Texas, naît John Royce Mathis. Il a cinq ans quand sa famille s'installe à San Francisco. Le garçon rêve d'abord de sport. Sauteur en hauteur, il est invité aux sélections olympiques américaines de 1956. Il choisira pourtant le micro, sur les conseils de son père.

Un directeur artistique de Columbia, George Avakian, le repère alors qu'il n'a que dix-neuf ans. Son premier album, « A New Sound in Popular Song », est un disque de jazz qui peine à trouver son public. Qu'importe : dès 1957, « Wonderful! Wonderful! », « It's Not for Me to Say » puis « Chances Are » font de lui une vedette. Sa manière de chanter, toute en retenue, en souffle et en legato, tranche avec l'époque. Pas d'esbroufe, une ligne de chant qui s'étire et une diction impeccable.

Le jazz n'est jamais très loin. Mathis s'empare des standards, dont « Misty », le classique d'Erroll Garner, et les ramène vers la ballade sans les trahir. En 1958, « Johnny's Greatest Hits » invente presque à lui seul le principe du best-of. L'album reste 490 semaines dans le classement de Billboard, près de dix ans, un record qui ne sera battu qu'en 1983 par « The Dark Side of the Moon » de Pink Floyd.

Les décennies passent, la voix demeure. En 1978, « Too Much, Too Little, Too Late », en duo avec Deniece Williams, atteint la première place du Hot 100. « Chances Are », « Misty » et « It's Not for Me to Say » entrent au Grammy Hall of Fame, et les Grammy Awards lui décernent en 2003 un prix pour l'ensemble de sa carrière.

Retiré de la scène depuis 2025, Johnny Mathis reste ce que peu d'artistes réussissent à être : un chanteur dont on reconnaît la voix dès la première note. Joyeux anniversaire, Monsieur Mathis.